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Derniers films vus au cinéma


flavsam
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Mon Roi

Beaucoup plus convaincante que pour Polisse, Maïwenn trace ici le portrait de deux personnages à la fois amoureux et haineux l'un envers l'autre. Le film aurait pu être un cliché total, le personnage masculin accumulant beaucoup de défauts, mais c'était sans compter sur l'immense talent de Vincent Cassel pour porter son personnage avec ferveur. Car l'acteur a un charisme et un franc parlé naturels, qui font que le personnage sonne vrai et sincère. Et pourtant, vu les dialogues et la manière de faire de ce personnage, ce n'était pas gagné. Mais encore plus impressionnante est Emmanuelle Bercot, criante de sincérité, qui peut passer de rayonnante à totalement marquée en quelques plans. Sa palette de jeux est très intéressante, et nous montre qu'elle n'a pas volé ce prix d'interprétation féminine obtenue au Festival de Cannes cette année. Coté histoire, on se laisse facilement embarquer dans cette histoire d'amour, dans cette déferlante de joie, de passion, de tristesse et de haine. Le film met parfois (souvent) mal à l'aise, car la relation entre les personnages est très spéciale. Et surtout la façon de faire de Georgio, le personnage de Cassel, peut dérouter complètement le spectateur. Il est ici question d'addiction à l'amour mais le film peut faire tout autant rire par la même occasion, grâce à des dialogues parfois bien trouvés et à des acteurs qui joue bien ce registre, comme Louis Garrel. Le choix de baser l'histoire sur du présent et du passé est un choix judicieux, car le personnage se reconstruit physiquement et mentalement. Ainsi les sauts dans le passé semblent très logiques et bien placés.
Le film n'est pas sans défauts mais propose tout de même une histoire très forte, une certaines vision de l'amour, des personnages très charismatiques et une réalisation très belle, bien complétée par une BO nuancée. J'ai beaucoup aimé.

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La Reprise de travail aux usines Wonder (entreprise de piles) de Jacques Willemont (1968)

  Le 10 juin 1968, après 3 semaines de grève, l'heure est au retour au travail. C'est là qu'un étudiant de l'IDHEC va filmer le désespoir d'une femme. 

Ce court documentaire de 10 minutes, où "il fallait être là au bon endroit, au bon moment", est sans doute le plus symbolique de ce qu'on été les causes de mai 68 et ses retombées après la signature des accords de Grenelle. On y voit une ouvrière refusant de reprendre le travail "j'mettrai plus les pieds dans cette taule! ", 2 délégués de la CGT essayant de la raisonner en parlant plutôt de succès, l’étudiant de gauche plaidant pour la poursuite du mouvement et enfin le chef du personnel qui demande à tous de reprendre le travail. Tout le microcosme de Mai 68 est présent avec une intensité à la fois dramatique et tellement authentique.  7/10  :yes:

En 1997, Hervé Leroux va réaliser Reprise, où il va tenter de retrouver la femme en colère (qu'il ne retrouvera jamais malheureusement :()

 

 

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Ouaip, magnifique film. Et j'aime beaucoup que tu parles d'une relation d'amour-haine plutôt que d'un pervers narcissique comme beaucoup l'on écrit. Le film est plus subtile que ça et pas aussi réducteur. :)

Claire que c'est ultra réducteur de s'arrêter sur un personnage masculin pervers narcissique. J'ai entendu pas mal de gens me dire "apparement les hommes n'aiment pas ce film...", un peu comme une rumeur qui circulerait autour de Mon Roi. Personnellement, je trouve que tu passes complètement à côté du film si tu n'aimes pas le film juste parce que tu es un homme et que le personnage de Cassel est parfois dur. Il n'y a pas de clichés véhiculés par le film, juste un personnage avec ses défauts, et une relation d'amour-haine.

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Hier j'ai vu "le nouveau stagiaire" je pensais que le film allais être nul, mais je suis étonné le film est vraiment pas mal, c'est une bonne comédie dramatique !!

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  • 2 weeks later...
Le 10/11/2015 11:13:36, flavsam a dit :

Mon Roi

Beaucoup plus convaincante que pour Polisse, Maïwenn trace ici le portrait de deux personnages à la fois amoureux et haineux l'un envers l'autre. Le film aurait pu être un cliché total, le personnage masculin accumulant beaucoup de défauts, mais c'était sans compter sur l'immense talent de Vincent Cassel pour porter son personnage avec ferveur. Car l'acteur a un charisme et un franc parlé naturels, qui font que le personnage sonne vrai et sincère. Et pourtant, vu les dialogues et la manière de faire de ce personnage, ce n'était pas gagné. Mais encore plus impressionnante est Emmanuelle Bercot, criante de sincérité, qui peut passer de rayonnante à totalement marquée en quelques plans. Sa palette de jeux est très intéressante, et nous montre qu'elle n'a pas volé ce prix d'interprétation féminine obtenue au Festival de Cannes cette année. Coté histoire, on se laisse facilement embarquer dans cette histoire d'amour, dans cette déferlante de joie, de passion, de tristesse et de haine. Le film met parfois (souvent) mal à l'aise, car la relation entre les personnages est très spéciale. Et surtout la façon de faire de Georgio, le personnage de Cassel, peut dérouter complètement le spectateur. Il est ici question d'addiction à l'amour mais le film peut faire tout autant rire par la même occasion, grâce à des dialogues parfois bien trouvés et à des acteurs qui joue bien ce registre, comme Louis Garrel. Le choix de baser l'histoire sur du présent et du passé est un choix judicieux, car le personnage se reconstruit physiquement et mentalement. Ainsi les sauts dans le passé semblent très logiques et bien placés.
Le film n'est pas sans défauts mais propose tout de même une histoire très forte, une certaines vision de l'amour, des personnages très charismatiques et une réalisation très belle, bien complétée par une BO nuancée. J'ai beaucoup aimé.

T'as tout dit ! :higreen:

J'ai vraiment apprecié le film moi aussi. Je pense le placer dans mon top 10 cette année pour l'instant. J'ai trouvé Cassel énorme dans ce film. Encore un rôle de "Roi des Connards" et franchement ca lui va très bien. J'aime beaucoup son plan de carrière, de tourner avec des realisateurs plus ou moins connus. Et de donner sa chance a des jeunes. 

Ps: C'est le premier film de Maïwenn que je voyais

 

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Ça y est, j'ai fini ma rétrospective Scorsese, j'ai rattrapé mon retard sur le peu de films que j'avais vu de lui :P 

Je ferais quelques critiques au fur et à mesure. ;)

Et je commence court avec ses premiers court-métrage et l'un de ses tout premiers: What's a nice girl like you doing in a place like this ? (1963)

Un écrivain achète une photo d'un bateau sur un lac, l'obsession de cette photo rend sa vie quotidienne impossible. 

Produit à l'Université de New York, le court métrage témoigne des influences qui ont marqué Scorsese mais aussi d'une certaine liberté de style. Il expérimente énormément, que ce soit au niveau du montage, des effets visuels, où le rythme est très bien dosé et cette voix-off qui nous poursuit pendant les 9 minutes du film. Une narration complètement loufoque mais qui passe avec efficacité. A ce moment-là, il se réfère beaucoup à Cassavetes (qui reste son réalisateur fétiche) mais aussi à Fellini et à La Nouvelle Vague (Jules et Jim en tête :))     7/10 ^_^

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Je continue les courts de Scorsese avec:

It's Not Just You, Murray (1964)

Murray revient sur ses débuts comme trafiquant d'alcool et son ascension pour devenir riche et influent. 

Tourné quelques mois seulement après What's a Nice Girl..., ce court, toujours pour l'Université de New York est, comme le dit Scorese: "un film d'amis et aussi une sorte d'introduction, d'ébauche de Mean Streets". Nous avons deux personnages, Murray et Joe, dont on va suivre le parcours de 1922 à 1965, deux amis intimes qui vont aller vers la prohibition, la corruption. Il s'inspire de son entourage, de son quartier (il a tourné dans le vieux Little Italy). Il est toujours aussi libre avec sa caméra, il utilise la voix-off qui est aussi une marque que l'on retrouvera dans ses autres films comme Les Affranchis et il aborde avec un certain humour le thème, qui le poursuivra pendant de longues années, du gangstérisme, et bien sûr, ses influences, ici, au cinéma italien et notamment à Huit et demi de Felllini pour la fin du film. On verra aussi l'apparition de la mère de Scorsese, en mère aimante de Murray, toujours prête à lui donner un plat de pâte en cas de besoin :P

7/10  :good:

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Le retour :P

The Big Shave (1967)

Une salle de bain. Un jeune homme arrive, se met de la mousse sur le visage et commence à se raser. 

Court-métrage réalisé grâce à un don de dix rouleaux de pellicule Agia 16mm couleur de la cinémathèque royale de Belgique, Scorsese déclarait du court: "Quand j'ai écrit le script, c'était très sérieux, mais pendant le tournage, nous n'avons pas cessé de rire. Aux rushes, nous étions pliés en deux. C'est après que j'ai essayé de rationaliser ce que j'avais fait." Sur un fond de musique de jazz, I Can't Get Started de Bunny Burigan, on voit un homme se rasant et se coupant de toute part sans qu'aucune douleur ne frappe son visage muet.

Nous voyons au générique de fin, Viet 67, on comprend, que c'est une réaction à la Guerre du Vietnam, qui était forte à ce moment-là. De cette salle de bain d'une blancheur et d'une propreté impeccable, on arrive à l'horreur de la couleur rouge sang qui va tout dévorer jusqu'au dernier plan, à la fois tragique et ironique (la peur du communisme en tête :roll: ). On y voit l’impressionnante maîtrise de Scorsese dans le montage et le découpage de ses plans dont la musique en est l'élément essentiel. Outre la référence concrète à la guerre du Vietnam on peut y voir aussi, à travers ce film, la rupture que va engendrer le cinéma hollywoodien dans les années 60. Débarrassé du Code Hays (dictant la bonne conduite des studios = la salle de bain stérile), on passe à un cinéma qui va se libérer, parlant de tout (sexe, drogue, alcool, mort,...) sans tabou (= le corps ensanglanté de l'homme). Riche en interprétation, ce film va marquer et faire rentrer Scorsese chez les grands.   8/10 :amen:

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Dans la campagne malhonnête...

Bertha Boxcar (Boxcar Bertha), réalisé par Martin Scorsese (1972)

Durant la Grande Dépression dans l'Arkansas, une jeune fille prénommée Bertha Thompson, devient orpheline suite à la mort accidentelle de son père, pilote d'épandage, provoqué par un employeur tyrannique. Seule, elle va écumer les routes ou plutôt les trains de marchandises pour se déplacer. 

A l'origine, une autobiographie de la véritable Bertha Thompson, Sister of the Road, que Julie Corman a découverte et l'American International Picture, (compagnie de production) les droits. Roger Corman, le producteur, avait eu écho du tout premier film de Scorsese, Who's that Knocking at my Door ? (1967). Roger Corman, joue un rôle important dans cette période, mettant en avant de jeunes talents prometteurs comme Coppola, Bogdanovich, Dante et Scorsese qu'il rencontre en 71. Durant cette période, un film va venir chambouler, par son ton contestataire et de scandale, en relançant en même temps le genre du film de gangster, Bonnie and Clyde d'Arthur Penn (1967).

Suite au succès du film, Corman se jette sur le chemin tracé et réalise Bloody Mama en 1970. Voulant faire un nouveau film ayant pour cadre la Grande Dépression, il en parle à Scorsese qui accepte volontiers le scénario. D'ailleurs Scorsese dira plus tard:" Roger m'a dit: "Lis ce scénario, récris-le autant qu'il te plaira, mais Marty, souviens-toi d'un truc, il faut une scène de nu au moins toutes les 15 pages. Pas de nu intégral, mais un peu de sein, ou une jambe, juste pour que le spectateur reste accroché à l'écran". A l'écran ce sera respecté sans complexe, et Scorsese va montrer son talent à la première scène d'amour entre Bertha et Bill dans le train, avec érotisme et sensibilité dans l'utilisation des gros plans et des arrêts sur image. D'ailleurs, ses effets vont être assez nombreux sur ce film, dès le générique en iris qui présente les personnages souriant pour montrer à la fois un drame, une comédie mais aussi de l'action, comme les précédents films,Bonnie and Clyde en tête. On peut noter aussi une belle reconstitution des décors de la Grande Dépression sur un joli fond de musique country. 

Pour ce film, Scorsese use de ce qu'il a pu apprendre avant, travellings, ralentis, gros plans pour rendre l'action dynamique même si c'est un peu par facilité qu'il le fait. De ce film, il y a aussi ces acteurs, notamment la jeune Barbara Hershey, 24 ans, qui nous donne déjà à voir toute sa beauté physique. Actrice que l'on retrouvera d'ailleurs, comme un écho,

Révélation

à la fin du film où Bill est crucifié au wagon et Bertha lui court après dans un très beau plan de plongé vertical, dans le rôle de Marie Madeleine dans La Dernière tentation du Christ.

De même David Carradine qui interprète Bill, un syndicaliste dépassé par les événements, aussi assimilé au Christ notamment dans son oralité

Révélation

et sa crucifixion à la fin.

 

Malgré ces quelques réussites, le film à ses défauts: une perte de repère et de temporalité de l'action qui font fasse à des répétitions de scènes qui peuvent devenir lourdes et des acteurs qui manquent de force notamment Barry Primus qui interprète Rake Brown, le joueur de poker du Nord et Bernie Casey, un mécanicien noir, compagnon de Bill. 

Les débuts de Scorsese, pour son deuxième long métrage et premier "Hollywoodien" ne sont pas exemplaires malgré quelques bonne scènes et de bonnes idées mais qui viennent combler des acteurs secondaires assez absents et un scénario un peu confus. Il reste quand même intéressant pour qui aime Scorsese et ses thèmes, violence, sexe et religion ;)  

  6/10

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  • 1 month later...

Béliers en VO.

Petite drama-comédie Islandaise à la critique très positive et auréolée du prix Un Certain Regard à Cannes, j'y suis allé très motivé. Un rythme vraiment très lent, une histoire relativement simple (bien que des relations profondes entre les deux personnages), des paysages sublimes, des touches de comédies difficiles à distinguer... Je n'ai pas été vraiment pris dans le film malheureusement. J'ai bien aimé, mais j'ai trouvé le rythme un peu trop lent, la finalité du film un peu trop obscure malgré les paysages islandais bien exploités. Le film est vraiment simple sur le papier, et il est vrai que le réalisateur arrive à instaurer son climat assez unique dans cette simplicité, qui s'avère finalement plus judicieuse que ce qu'on peut penser au départ et qui s'avère assez subtile. Quelques bons moments me restent en tête, quelques touches légèrement burlesques et lorgnant vers le poétique. Mais je n'étais pas prêt pour un film aussi lent, pour de la contemplation avec si peu de dialogues. En passant après un The Hateful Eight hyper bavard, ça m'a fait un trop gros fossé je crois, c'est pourquoi je lui laisse sa chance de retour en bluray avant de forger mon vrai avis sur le film.

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  • 4 weeks later...

En plus de Steve Jobs, Carol et The Danish Girl (voir mon avis dans les topics concernés), j'ai vu deux autres films ces jours-ci au cinéma :

- 45 ans : j'avoue, j'y suis allé plus par curiosité que par conviction, pour voir Charlotte Rampling (nommée aux Oscar cette année pour ce film).
Si le film m'a laissé un peu circonspect (il ne se passe pas grand chose finalement), la performance de l'actrice est vraiment à saluer. On lit dans un simple regard toute la détresse de cette femme, ses joies, ses rancoeurs et ses déceptions suite aux événements du début du film (son mari apprend par courrier que le corps de son premier amour, morte il y a 50 ans, a enfin été retrouvé). Tout est très subtil et l'intériorisation des sentiments est transmis au spectateur de manière pourtant très claire.
Et la fin du film est sublime.

- Spotlight : très réussi, cet enquête journalistique sur une histoire épouvantable est portée par des acteurs tous excellents et un scénario sans temps mort. J'ai adoré.

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Il y a 11 heures, Dark Vador a dit :

Et alors?:P

Assez déçu en fait , toute les scènes d'action de la bande annonce sont condensées dans les 10-20 premières minutes du film ... du coup le reste est assez long finalement. ..  

Heureusement qu'il y a Chloé   :P

Révélation

Jusqu'à cette fin qui annonce une suite, donc tu restes sur ta faim...

 

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The Thing, John Carpenter, 1982 (DCP)

 Dans le froid, personne ne vous entendra crier...

  Au coeur de l'Antarctique, un équipe de scientifiques composés de 12 hommes découvrent un corps enfoui sous la neige depuis plus de 100 000 ans. Décongelée, elle reprend vie et prend l'apparence de celui qu'elle veut? A partir de ce moment-là, le soupçon s'installe...

  De ce film, il y a une nouvelle, Who Goes There ? (1938) de l'américain John W. Campbell. Elle a été adaptée au cinéma en 1951 par la RKO sous le titre, La chose d'un autre monde, produit par Howard Hawks et Christian Niby. Mais ce film s'éloignait trop de l'oeuvre originale ne gardant que celle d'une créature végétale terrorisant les habitants d'une station polaire. Nous sommes en 1982, Carpenter est déjà un réalisateur de talent qui a multiplié les succès, D'Halloween à New-York 1997, un an auparavant. Pour The Thing, il reprend l'acteur Kurt Russel en ajoutant un casting entièrement masculin. Avec un budget conséquent, il le tourne en étant le plus proche possible de la nouvelle, ce qui lui confère une ambiance assez sombre et angoissante. Assez confiant pour son film, celui-ci sort dans les salles à l'été 82. Bien mal lui en a pris, au même moment va sortir l'un des plus gros succès de cette année-là, E.T. l'extraterrestre. Et entre le gentil et le méchant alien, le spectateur a choisi le gentil en cette grande période reaganienne :o

Énorme échec commercial et critique, Carpenter va être profondément marqué et il faudra attendre l'émergence de la VHS au cœur des années 80 pour que ce film soit évalué enfin à sa juste valeur par les cinéphiles. 

  Chez Carpenter, la place des personnages revête une importance toute particulière, jouant sans cesse avec les champs et hors-champ pour guider leur survie face à la créature. Réduisant à 12 le nombre de personnes par rapport à la nouvelle, cela permet plus de clarté et mieux appréhender le caractère de ces hommes. La disparition de l'un d'eux, même momentanée, est soit signe de suspicion vis-à-vis du groupe, soit signe de mort. De ce fait, le rôle de chacun  est assez intéressante, car ils sont tous mis sur un pied d'égalité au début du film même si Kurt Russell, qui incarne MacReady, va prendre une place plus importante au fur et à mesure de l'avancé du film. Ce qui prévaut avant tout c'est d'une part la tension que distille le film au fur et à mesure que les scientifiques sont font tuer, les silences qui en disent longs, et ce suspense comme seul Carpenter sait le mettre en scène où le doute s'installe à la fois sur les collègues et même envers eux-même. Comme beaucoup, je citerais la fameuse scène du test sanguin, point d'orgue du film et qui condense tout ce que le cinéaste a voulu montrer. 

  Le succès du film, après coup, réside aussi en grande partie par ses effets spéciaux d'une grande qualité et qui n'ont pas vieilli même en 2016. On les doit à Rob Bottin, qui avait travaillé un an avant sur Hurlements de Joe Dante. Il réussit à créer l'abject, l'angoissant et l’étrange metamorphose de La Chose dans des formes que l'on a rarement vu au cinéma provoquant un choc chez le spectateur. N'oublions pas, bien sûr, la musique d'Ennio Morricone qui appuie ce sentiment d'angoisse, de solitude et de huis clos que présente le film. :stress:

  Revoir ce film, 34 ans après sa sortie, c'est comme ouvrir un écrin d'un pan du cinéma d'horreur que Carpenter à réussi magistralement à reconsidérer. En prenant des thèmes de l'époque (l'arrivée du SIDA), mariant l'ambiance, les personnages et les effets, le réalisateur a maîtrisé de bout en bout son sujet, le livre mais aussi le film de 1951 qui l'a influencé bien évidemment. Et ce n'est pas le remake moyen de 2011 qui nous fera changer d'avis.  9/10  :wahou: 

  

 

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  • 4 weeks later...

Vu The Assassin hier :

Fortement nommé et primé au festival de Cannes de 2015, j'attendais The Assassin avec une certaine curiosité, piquée au vif par une bande-annonce sublime et des éloges salivantes sur la place de ce long-métrage chino-taïwanais dans le genre des films d'arts martiaux aux chorégraphies impressionnantes. Malheureusement, le consensus général du retour public résume très bien ma pensée tout au long du visionnage : c'est beau, voire splendide dans la composition picturale, mais qu'est-ce que c'est ennuyeux !

À cela, de nombreuses raisons. La principale étant certainement l'empreinte importante de la culture chinoise, ses traditions et son symbolisme à travers le film. L'histoire se déroule au VIIIe siècle et traite de dynasties corrompues et d'assassins ninja, avec tout un étalage de liens familiaux. Sauf que, pour le spectateur occasionnel peu spécialisé sur le genre, tout cet ensemble apparaît très vite abscons. Il devient alors bien difficile de s'impliquer émotionnellement dans le long-métrage, qui plus est quand il est présenté avec autant de froideur. La situation est succinctement présentée et les personnages, même supposément principaux, n'ont que rarement un temps d'écran et de développement acceptable pour que l'on éprouve de l'empathie à leur égard, ni même que l'on se rappelle vraiment leur identité et leur but dans l'histoire. Film académique artistique de rigueur, The Assassin préfère effectivement assommer son public de longs plans sur la nature, des cadrages larges sans action, ou autres postures de caméras interminables, plutôt que de révéler le dessein de ses personnages de façon intelligible. Et inutile de compter sur les quelques affrontements au sabre qui surviennent aussi vite qu'ils disparaissent et ne suffisent clairement pas à en faire un film d'arts martiaux. Surtout que, même si les chorégraphies sont justes et efficaces, la mise en scène autour de ces brefs moments dynamiques n'a rien de mémorable.

Il s'ensuit alors un rythme léthargique, où les plans sont posés mais où les sujets semblent absents. Par ailleurs, le montage du long-métrage a de quoi laisser dubitatif. La majorité des scènes s'enchaînent en paraissant ne pas être terminées. The Assassin devient alors une collection de saynètes plastiques mais fades mises bout à bout pour tenter de raconter une histoire. Il est vrai que la mise en scène générale est époustouflante, même si l'on peut se questionner sur l'intérêt de quelques changements de ratio (plan en 1.85 dans un film en 1.37), ou de couleurs : sublime palette monochromatique d'introduction qui laisse place à une image colorisée toute aussi ravissante. La photographie est donc à saluer, tant les paysages pittoresques, les intérieurs chatoyants, les costumes luxueux et autres compositions scéniques ont l'air de tableaux d'une sensibilité déconcertante. Ce genre de plans, on a le temps de les contempler tant ils alimentent le film sans être très parlant ; et les dialogues sont également bien rares. C'est plutôt la musique, ou la bande-sonore qui prend une place auditive prépondérante à coup, principalement, de chants de cigales incessants et quelques percussions folkloriques et cordes pincées cinglantes sensées absorber le spectateur dans une atmosphère de solitude hypnotique et oppressante.

Si The Assassin jouit d'une direction artistique atypique et clairement supérieure, il semble ne pas en profiter pour complètement subjuguer le public, et préfère plutôt s'enfoncer dans un cinéma de niche éprouvant, où seuls les plus aguerris et connaisseurs de la culture dépeinte parviendront à y trouver matière à s'émerveiller.

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C'est vrai qu'esthétiquement il paraissait vraiment sublime ce film, mais il m'a toujours donné cette impression d'être vraiment lent à l'extrême. Avant le festival de Cannes c'était un peu marqué "Film Asiatique - Action" mais ça n'en donnait pas l'impression à en voir les quelques extraits. Je pense quand même qu'il pourrait m'intéresser :) mais le jour où je le vois, je me lance en sachant que ce sera un film lent, voire très lent.

 

Sinon, vu Demain.

Superbe documentaire, intelligent et intelligible, qui porte son discours avec sincérité. Il est vraiment très joliment mis en boite, avec un montage très sympa et original, des plans vraiment bien tournés et surtout des choix de rencontres vraiment judicieux. L'équipe du film s'est lancée dans cette aventure sans finalement y connaître grand chose aux solutions écologiques possibles. Ce qui fait que lors des interviews, ils posent vraiment les bonnes questions, ils posent vraiment les questions que tout spectateur se pose sur le sujet, ils ont un regard naturel sur les choses, sur ce qu'il faut filmer ou non. Le découpage du film est parfait, allant étape par étape vers les points qu'il faudrait changer, arrivant à une conclusion parfaitement logique elle-aussi. La BO est elle aussi très bien calée sur le film. Non, vraiment, un superbe montage, nécessaire, abordable pour tous, qui offre un grand bol d'air niveau voyage et totalement édifiant. En aucuns cas l'équipe du film ne cherche à donner de leçons à qui que ce soit, mais vraiment à informer. Et pour une fois, pour ce genre de film, le discours se veut finalement assez optimiste. La salle était pleine hier soir, et à juste titre.

Edited by flavsam
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Il y a 1 heure, magik a dit :

@CyberInflames Par rapport à d'autres films de HHH (ouais je l'appelle comme ça le réalisateur, ça va plus vite ^^), c'est plutôt mieux ou moins bien (si tu en as vu d'autres bien sûr) ?
J'ai bien aimé ses films sortis durant les années 90, beaucoup moins ceux des années 2000 (les précédents, je ne les ai pas vu), alors j'hésite un peu à y aller.

Désolé, je ne connaissais pas du tout ce réalisateur. 

Sinon, je ne dis pas que c'est un mauvais film, je suis persuadé qu'il a été fait avec les meilleures intentions du monde, et un gros travail a été réalisé de la part de toutes les personnes impliquées. Il est juste destiné à un public particulier, et je n'en fais malheureusement pas partie. ^_^

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Room.

Comme je l'avais dis j'ai accompagné ma chérie en traînant les pieds avec le sentiment que j'allais passer une soirée à trouver le temps long et pis....pfiouu j'ai adoré,je comprends l'Oscar pour Brie Larson,quelle superbe interprétation. C'est quand même anxiogène cette situation et on ressent vraiment la peur de cette fille avec son fils,superbe moment (peut être que si je l'avais attendu j'aurais moins aimé...)

Mais en tout cas je sais pourquoi je l'aime ma chérie,elle a toujours raison :blush:

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Comme @CyberInflames j'ai vu The Assassin. J'y suis allé en pleine forme en début d'après-midi, au cas où la tendance que j'appellerais "beau et chiant" de Hou Hsiao-Hsien resurgisse. :higreen:

Concernant le beau, il est effectivement présent. Chaque plan est travaillé, avec une réelle recherche picturale qui fait ressembler chaque plan à un tableau en mouvement (mention spéciale pour la conversation entre le Seigneur de Weibo et son épouse, superbement filmée au travers de voilages).
J'ai également beaucoup apprécié la bande-son, assez hypnotisante (et qui a d'ailleurs reçu à juste titre le Cannes Soundtrack Award du dernier festival).

En ce qui concerne le chiant, je rassure les fans de HHH (même si il ne doit pas y en avoir des masses sur ce forum), c'est comme d'habitude, c'est-à-dire très très trèèèèèèèèèèèèèèèèès lent. Comme dit plus haut, on n'est pas aidé par les personnages, difficiles à différencier, empêtrés dans une histoire légèrement incompréhensible à base de clans et de provinces. Le peu de dialogues n'aide pas non plus à s'y retrouver (mais c'est un peu la marque de fabrique du réalisateur).

Malgré tout, j'ai apprécié ce film, mais je pense qu'il faut être dans de très bonnes dispositions pour rentrer dedans, et ne pas s'attendre à un film de sabre (ce qu'ont certainement dû penser plusieurs spectateurs qui ont quitté la salle prématurément).

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Il y a 20 heures, magik a dit :

Comme @CyberInflames j'ai vu The Assassin. J'y suis allé en pleine forme en début d'après-midi, au cas où la tendance que j'appellerais "beau et chiant" de Hou Hsiao-Hsien resurgisse. :higreen:

Concernant le beau, il est effectivement présent. Chaque plan est travaillé, avec une réelle recherche picturale qui fait ressembler chaque plan à un tableau en mouvement (mention spéciale pour la conversation entre le Seigneur de Weibo et son épouse, superbement filmée au travers de voilages).
J'ai également beaucoup apprécié la bande-son, assez hypnotisante (et qui a d'ailleurs reçu à juste titre le Cannes Soundtrack Award du dernier festival).

En ce qui concerne le chiant, je rassure les fans de HHH (même si il ne doit pas y en avoir des masses sur ce forum), c'est comme d'habitude, c'est-à-dire très très trèèèèèèèèèèèèèèèèès lent. Comme dit plus haut, on n'est pas aidé par les personnages, difficiles à différencier, empêtrés dans une histoire légèrement incompréhensible à base de clans et de provinces. Le peu de dialogues n'aide pas non plus à s'y retrouver (mais c'est un peu la marque de fabrique du réalisateur).

Malgré tout, j'ai apprécié ce film, mais je pense qu'il faut être dans de très bonnes dispositions pour rentrer dedans, et ne pas s'attendre à un film de sabre (ce qu'ont certainement dû penser plusieurs spectateurs qui ont quitté la salle prématurément).

Tu n'as pas dormi?:ninja:

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